La Photographie, Comme Expression

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"Au sens kinois, l'art c'est la peinture et la sculpture"


Envie de s' évader. Envie de se surpasser. Les nouvelles expériences ne vous effraient pas. Ceci est un appel à volontaires. En point de mire, les hommes. Cette fois, la gent masculine n'y est pour rien. Ainsi veut la photographe. Muriel Munga promet de vous montrer sous un visage que vous ne soupçonnez pas de vous-même .. "Quand tu prends une personne en photo, il faut lui faire comprendre que c'est·un être magnifique". Attendez-vous quand même à un minimum de mise en scène. En peignoir ou en maillot, cela va arriver certainement. Cigare et verre de champagne aux mains, chaussures aux pieds pour compléter le cadre. Oui, ça fait cliché. Mais, la photographe (y) supprimer tient à sa mise en scène "pour transmettre des émotions par rapport à des lieux précis". Objectif avoué par Muriel Munga, choquer le public. Elle prévient qu'il n'est pas question de tomber dans la vulgarité. Cible privilégiée, la gent féminine. Des femmes sub-juguées s'arrachant des photos d'hommes anonymes ou connus au cours d'un vernissage ; oui, ça fait cliché. Le rêve est permis. Aux armes, Citoyens! Elles ont déjà un coup d'avance. Et elles se sont bien prêtées à!' objectif de Muriel Munga. Il fallait faire le déplacement du Complexe GB en mai dernier pour voir le résultat au cours de l'exposition, Histoires de femmes.

On y a vu sur les murs des femmes de tous les jours. Certaines étaient connues. Les photos exposées ont raconté des histoires. De cette expérience, l'artiste retient "qu'il y a toujours le sourire sur le visage des femmes congolaise malgré toutes les exactions qu'elles ont subies". Artiste? Vous avez bien entendu. Dans la démarche de Muriel Munga, il est question de passer de la photo de tous les jours à "la photo oeuvre d'art" souligne-t-elle. Trois expositions auront suffi pour lui montrer la voie à suivre. Dans la première, Ô Naturel, la photographe présentait des paysages hauts en couleurs et des visages d'enfants pluriel en noir et blanc. Dans la deuxième, collective celle-là, les premiers contours de sa marque de fabrique prenaient forme. Puis vient la troisième où Muriel Munga opte pour le portrait. "Je voulais montrer mes différentes facettes". Autant dire qu'elle a fort à faire dans un pays où les consommateurs d'art achètent essentiellement des tableaux ou des sculptures. Pour le moment, ces seuls clients sont les personnes qui acceptent de prêter leur visage. "Ce n'est pas au bout de trois expositions que les gens vont adhérer". En attendant cette renommée tant convoitée, Muriel Munga veut juste faire parler d' elle. Qui sait? Peut-être un jour, la photo aura sa place au même titre que le tableau sur les murs de vos maisons.


Magazine Optimum - Août 2011 (pg 101)